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19/11/2005

Je voudrais dire au final qu’il y a une réponse à la droite sur le plan européen

Discours du président du PSE au Congrès du PS France, 18-20 novembre 2005

Chers camarades, chers amis, vous avez fait la synthèse et j’en suis très heureux. Moi aussi je me dois d’en faire une comme vous pouvez le comprendre et il s’agit d’une synthèse fondamentale qui tient en quelques mots: le projet socialiste pour l’Europe.

Chers camarades et cher François, je suis très heureux d’être ici. C’est la première fois que je participe au congrès des socialistes français en tant que Président du Parti Socialiste Européen. Je sais que je peux compter sur vous, et je vous assure aujourd’hui que vous pouvez compter sur moi aussi.

Vous comprenez, chers camarades, nous avons un projet très ambitieux et très important pour l’Europe. Et je peux vous dire, comme vous le savez vous-mêmes, que c’est très difficile avec l’Europe, mais c’est impossible sans l’Europe.

Nous avons besoin de l’Europe, notamment pour avoir une voix globale pour l’Europe. J’étais en Chine il y a une semaine, je sais qu’il y a des représentants de la Chine aujourd’hui parmi nous. On m’a dit là-bas qu’on est inquiet pour l’Europe. Et moi je suis inquiet aussi parce que nous manquons d’une voix en Europe. Et je suis persuadé que la condition la plus importante pour avoir une voix, c’est que nous, les socialistes, partout en Europe, puissions créer cette voix unifiée.

L’Europe a besoin de plus de politique, pas moins de politique. L’Europe a besoin de plus de clarté, pas moins de clarté. L’Europe n’a pas besoin d’un commissaire, d’une Commission ou d’un président de Commission Barroso qui dit une chose au Financial Times et qui en dit une autre aux syndicalistes.

Chers amis, chers camarades, nous les socialistes en France en en Europe, nous voulons montrer aux citoyens qu’il y a des choix politiques, qu’il n’y a pas seulement le marché, qu’il y a des choix politiques entre la droite et la gauche.

Nous voulons faire des choix très clairs à tous les niveaux. La bataille pour les socialistes se joue sur quatre scènes démocratiques : les scènes locale, régionale, nationale et européenne aussi. Ces quatre scènes démocratiques sont dans un système, une synergie et une bataille commune.

Chers amis, nous avons eu dans l’ancienne Commission un certain commissaire qui s’appellait Bolkestein. Je sais que certains d’entre vous pensaient que c’était Frankenstein, mais c’était Bolkestein.

Chers amis, maintenant nous avons un autre représentant de la droite et il s’appelle Mc Creavy. Mc Creavy et Bolkestein, c’est la même famille, c’est la même voix.

Mc Creavy, quand il était récemment en Suède, a dit à la Suède, à la nation suédoise, aux syndicalistes, au Parti social démocrate : « Le marché intérieur en Europe, c’est le plus important et les conventions collectives en Suède, la protection sociale en Suède, ce n’est pas si important. » Le marché vient en première place, le reste passe après.

Alors, chers amis, en deux minutes à la télé suédoise, Mc Creavy est parvenu à rendre l’Europe impopulaire auprès des citoyens de toute l’Europe. Il faut changer ce Mc Creavy, il faut avoir une nouvelle voix socialiste qui dit aussi Suédois et aux citoyens de toute l’Europe que nous, les socialistes, n’accepterons jamais d’opposer les travailleurs français aux travailleurs tchèques, ou aux travailleurs suédois. Nous formons un tout.

C’est pourquoi je dis aussi que dans la directive européenne sur les services, nous les socialistes n’accepterons jamais le principe du pays d’origine. Nous insistons sur la préservation des services publics, sur le fait que le marché doit être au service des citoyens, des travailleurs.

Chers camarades, je terminerai en disant que François Hollande et tous les autres leaders socialistes étaient à Londres la vielle du dernier sommet européen à Hamden Court. Nous y avons pris une décision historique: nous avons décidé que l’emploi en Europe, la croissance en Europe, n’était pas seulement une question pour le marché, mais une question de politique. Le Parti Socialiste Européen a donc décidé d’adopter un programme d’action pour la croissance.

Nous avons décidé d’investir dans l’avenir, de créer des emplois pour les investissements publics, nous avons décidé de relancer la croissance en Europe.

Nous avons besoin d’une Europe sociale. En effet, quand j’entends parler la droite d’Europe sociale, leurs propos sonnent faux. Parce que l’Europe sociale, c’est nous, c’est la nôtre, ce n’est pas la leur. C’est pour cela que le PSE a décidé de lancer une grande réflexion sur l’Europe sociale.

Chers amis et chers camarades, que quand nous parlons de réformes dans nos sociétés nationales, nous parlons de réformes sociales, ce ne sont pas les réformes de la droite, ce sont des réformes basées sur la solidarité.

Et quand le nouveau premier ministre du Danemark, l’autre Mr. Rasmussen, premier ministre de droite, s’est rendu en France, et lorsqu’au cours de ses réunions avec Sarkozy, avec M. de Villepin, il a essayé d’expliquer le principe de flex-sécurité, je peux vous assurer qu’il ne s’agissait pas de ma flex-sécurité.

Pendant neuf ans nous avons créé le modèle social danois, ce n’est pas lui. Je le dis très clairement, chers amis, que je n’accepterai pas que l’autre Rasmussen, comme tous ses collègues de droite, essayent de démanteler le modèle social danois et les modèles sociaux en général. La flex-sécurité ne peut se limiter à la flexibilité.

Il est possible que M. de Villepin ait un ami qui s’appelle Rasmussen, mais ce n’est pas moi. J’ai des amis ici, c’est vous. Je voudrais dire au final qu’il y a une réponse à la droite sur le plan européen, c’est l’unité, c’est l’unité et c’est la solidarité.

Merci beaucoup les amis, merci camarades.

À bientôt.