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11/07/2007

Slovénie: des services de la petite enfance de première qualité

En Slovénie, au début de la transition (en 1990), la proportion de femmes travaillant à temps plein était de 48% de la population active et la Slovénie avait le plus haut pourcentage en Europe de mères actives à plein temps ayant des enfants de moins de trois ans. Les parents avaient droit à un an de congé maternel et parental et avaient accès à un assez bon réseau de crèches et de garderies subventionnées par les pouvoirs publics et gérées par 62 municipalités.

Un niveau élevé d'insécurité professionnelle, un taux non moins élevé de chômage parmi les jeunes, une flexibilité totale de l'emploi pour les jeunes (contrats de courte durée), l'absence de politique publique du logement ont contribué à faire baisser le taux de natalité. Ce taux est passé de 20.000 naissances dans les années 80 à seulement 17.300 en 2003.

La Slovénie est le seul ancien pays socialiste à ne pas avoir complètement démantelé son système de soutien à l'égalité des chances pour les parents au travail. Par ailleurs, elle est le seul pays en transition où le soutien de l'état pour un meilleur équilibre entre vie de famille et travail rémunéré pour les hommes et les femmes a été amélioré:

  • Le pourcentage d'enfants dans les infrastructures de la petite enfance a augmenté de 52% en 1987 à 64% en 2006. Les études montrent toutefois que le système de services de la petite enfance subsidié par l'état s'est développé de façon inégale - dans certaines régions rurales et dans les régions où les jeunes couples emménagent, le nombre de places est insuffisant. Il manque quelque 10.000 places, surtout pour les enfants provenant de familles plus aisées vivant dans les villes et qui cherchent une solution meilleur marché dans des crèches et garderies privées de l'économie parallèle.
  • Le congé de maternité et parental payé à 100% a été maintenu; par ailleurs, un congé payé de courte durée destiné uniquement aux pères a été mis en place.
  • Le système de crèches et de garderies publiques a été amélioré du point de vue de la qualité - le personnel travaillant avec les enfants doit avoir un diplôme universitaire en éducation, le nombre d'enfants dans les groupes a été légèrement diminué, le programme des activités dans les crèches et garderies a été enrichi et diversifié. Les possibilités d'apprentissage supplémentaires (musique, danse, langues étrangères, sports) sont disponibles uniquement moyennant le paiement de frais supplémentaires de la part des parents.
  • La privatisation du réseau public de crèches et de garderies a été très limitée, grâce aux femmes sociales-démocrates qui ont mené de nombreuses campagnes contre toutes les tentatives de privatisation et de 'désécularisation' des services publics de la petite enfance et qui ont toujours bénéficié du soutien de l'opinion publique. De nouvelles crèches et garderies, soit privées soit aux mains de l'Eglise (de Caritas en particulier) ont également été ouvertes grâce aux généreuses subventions de l'Etat.
  • Les parents paient entre 0% et 30% du montant équivalent aux coûts qu'implique la prise en charge de leur enfant dans une crèche publique - ce montant est calculé au prorata de leurs revenus, de leurs biens immobiliers, et du nombre d'enfants dans la famille.

Lors de son arrivée au pouvoir en 2004, le gouvernement conservateur a commencé à chercher des arguments pour 'diversifier' les services publics de la petite enfance (entendez par là, pour les privatiser et en octroyer un plus grand contrôle aux éducateurs catholiques). Les arguments suivants ont été avancés par le gouvernement dans le débat public sur cette question:

1. Le système est discriminatoire vis-à-vis des familles qui ne veulent ou ne peuvent pas mettre leurs enfants dans des institutions publiques. Ces familles ne bénéficient d'aucune subvention publique destinée à la petite enfance.

2. Le système est trop luxueux et les petites communautés ne peuvent pas pallier ce fardeau financier. Le personnel employé est surqualifié, les groupes sont trop petits, les normes techniques exagérées.

3. Le système ne permet pas aux parents d'avoir suffisamment le choix s'ils veulent donner à leurs enfants une éducation en accord avec leurs principes idéologiques (par exemple, une éducation axée sur des valeurs chrétiennes) ou s'ils veulent que leurs enfants suivent un programme différent ou une approche pédagogique différente.


Les femmes du parti des Sociaux-démocrates discutent à présent de la future politique de la petite enfance que notre parti doit proposer dans le cadre des prochaines élections nationales. Les idées suivantes ont été proposées:

1. La Slovénie doit atteindre les objectifs de la Commission européenne en matière de petite enfance pour 2010.

2. Le parlement doit garantir le droit de chaque enfant à avoir accès à des services publics de la petite enfance de haute qualité. Toutes les formes de crèches et de garderies (publiques, privées, semi-publiques) sont acceptables mais uniquement sous la tutelle et avec les mécanismes de contrôle des services publics de la petite enfance.

3. Les normes de qualité ne doivent pas être baissées et le budget de l'état doit permettre de maintenir ces normes de qualité au même niveau dans l'ensemble du système, tant dans les grandes villes que dans les petits villages.

4. Il est préférable de garder le même programme de base pour tous les groupes d'âge d'enfants en âge préscolaire, sur la base des valeurs européennes et du respect de l'indivualité de chaque enfant, de la diversité et du besoin de garantir l'inclusion. Ce programme doit être enrichi moyennant une plus grande offre des possibilités spécifiques d'apprentissage préférées par les parents et les enfants. Un programme spécifique de développement doit être mis au point pour chaque enfant, selon ses capacités, et ce par un groupe d'experts travaillant dans l'institution et à l'extérieur (selon le modèle finnois). Tous les programmes individuels et supplémentaires doivent être financés par les deniers publics, dans une proportion égale à celle du programme de base.

5. La quote-part des frais que doivent payer tous les parents doit être aussi basse que possible et les frais d'inscription pour les enfants dont les parents ont un revenu moyen à élevé doivent être diminués. L'objectif a long terme des SD est d'arriver à des services de la petite enfance publics gratuits et de qualité pour tous les enfants.

6. Les programmes supplémentaires pour les parents et les enfants ayant des besoins spécifiques doivent être mis au point et financés par les pouvoirs publics (programmes plus courts ou plus longs pour les parents avec des horaires de travail plus longs ou différents, programmes pour l'inclusion des enfants ayant des besoins spécifiques).

Par Sonja Lokar, Forum des Femmes sociales-démocrates, Slovénie